13 juin 2009
Du plaisir de bidouiller
Une proposition de publication m’ayant été faite par une personne de confiance, j’établis l’inventaire des textes de fiction qui pourraient peut-être convenir à cette maison d’édition afin de les réviser. Aujourd’hui, pour me distraire de cette tâche, j’ouvre un recueil composé de récits, d’essais et de poèmes de Raymond Carver, N’en faites pas une histoire, collection Points, dans lequel je lis : « J’aime bien bricoler mes nouvelles à n’en plus finir. Une fois qu’une nouvelle est écrite, je repasse dessus un nombre incalculable de fois, en changeant un mot par-ci, une phrase par-là. Ça me plaît mieux que l’écriture elle-même. Je considère un peu l’écriture proprement dite comme une corvée que je suis bien obligé de m’infliger avant d’en arriver au point où je commence à m’amuser. Pour moi, la révision n’a rien d’une corvée, c’est un plaisir. »
22:45 Publié dans carnet | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : édition, publication, révision, raymond carver, récits, essais, poèmes, blog littéraire de christian cottet-emard
08 mars 2008
Marqué d'une Croix
L’auteur en forêt est une espèce plus difficile à dénicher que le lynx ou le chat sauvage. Pourtant, la journaliste Paula Pinto Gomes du quotidien La Croix, daté samedi 8 dimanche 9 mars 2008, page Loisirs, l’a fait. Lire ici, à propos de ce blog et de quelques autres,
l'article Écriture sur toile.
16:23 Publié dans Et à part ça ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : presse, la croix, écriture sur toile, blog littéraire de christian cottet-emard, article, paula pinto gomes, journaliste
03 mars 2008
Apolitique !
Le clair de lune égara l’ombre d’Effron Nuvem contre une palissade recouverte d’affiches et l’une d’entre elles retint son regard parce qu’il y reconnut la tête du marchand de chaussures. Il se souvint alors que les élections approchaient. Pour la première fois, le club des pantouflards présentait une liste conduite par le petit gros. Maintenant, Effron Nuvem comprenait mieux ses approches mais tout de même, aller jusqu’à lui proposer de l’accueillir au sein du club... Que pouvait valoir l’adhésion d’un chômeur, une de ces « âmes mortes » à peine bonnes à émigrer d’un fichier à un autre au gré des fluctuations d’une comptabilité d’actifs et de passifs que se jetaient sans cesse à la figure lors de joutes télévisées les dignes héritiers de l’escroc Tchitchikov?
Le jour du scrutin, Effron Nuvem, muni de sa carte d’électeur et de sa carte d’identité, alla aux urnes avec l’intention de voter contre et peu importait contre qui. Mais sur le trajet, son soulier droit s’enfonça mollement dans une énorme crotte de chien de couleur orange. Saisi d’une bouffée de colère, il mit un bon quart d’heure à nettoyer sa chaussure dans les toilettes publiques moyennant une pièce de vingt centimes, ce qui ne fit que décupler encore sa rage au point qu’il arriva tremblant et le visage congestionné au bureau de vote. Monsieur Nuvem ! Quelque chose ne va pas ? Vous ne vous sentez pas bien ? s’enquit le marchand de chaussures qui se tenait à proximité de la table où étaient disposés les bulletins et les enveloppes et qui saluait tout le monde. Tout à son exaspération, Effron Nuvem abandonna en une seconde ses intentions de vote et choisit ostensiblement un bulletin où figurait la liste du club des pantouflards sous l’oeil approbateur du petit gros qui lui décocha un clin d’oeil de connivence.
Toujours contrarié, il décida d’aller respirer l’air de la Saône. Sur le pont Masaryk, il croisa une femme accompagnée d’un garçonnet qui le mit en joue avec un pistolet en plastique.
(Extrait de mon dernier roman, Le Club des pantouflards, éditions Nykta, collection Petite nuit).
Note de l'auteur : comme de bien entendu, la liste présentée aux élections par le Club des pantouflards est totalement « APOLITIQUE » !
14:11 Publié dans Et à part ça ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Élections municipales oyonnax et ailleurs, oyonnax, municipales, élections, blog littéraire de christian cottet-emard




























